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cortexMisia
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2 septembre 2015

love et discipline

Dès les cinq premières minutes tout est posé, d’abord l’excavation, les travaux, la terre retournée, le sol que l’on dérange, les béances et les tas à côté, le mouvement d’une mécanique articulée sans discernement. Puis la femme qui marche de dos, avec des béquilles, on voit presque tout de suite qu’elle a une jambe plus courte qu’une l’autre, qu’une prothèse plateforme la met à niveau.

Elle entre dans un lieu, retrouve une femme qu’elle connaît, une infirmière à un bureau, qui est en train d’accrocher un document au mur. On comprend que le lieu est une ancienne école, leur ancienne école et que celle ci a été transformée en hôpital. Mais  une partie du décor scolaire (carte,  écriture, dessin) est restée. La femme aux béquilles sort d’un sac des paires de petits chaussons qu’elle a tricotés, très colorés, destinés à on ne sait pas trop qui. Notez qu’on ne la verra jamais dans cette activité de tout le film, sauf pour aller les vendre à un homme intermédiaire. Le plan suivant est sur la grande salle où dorment des hommes allongés, des soldats, chacun sur un lit. On avance avec la femme jusqu’à un lit, au fond de la pièce. Elle pose ses affaires, dit que c’était sa place quand elle était enfant et qu’elle aussi elle avait toujours envie de dormir quand elle était là… Juste après, on apprend qu’une jeune fille présente dans la salle est une médium. Par la fenêtre on voit la nature si typiquement thaïlandaise. En quelques plans, la trame de l’histoire de Cemetery of Love est dessinée. Le sommeil, l’au-delà, le temps, la mémoire, l’amitié, le soin.

Plus tard dans le film il y aura cette citation : « Parmi les humains, les plus intelligents sont ceux qui sont les plus disciplinés ». Cela m’a fait penser à l’article de Cynthia Fleury et à ce qu’elle dit de la discipline. « La discipline, ce n’est pas de la soumission qui nous transforme en mouton, en chaînon, en suiveur : c’est un savoir-faire, un geste technique, une manière d’être, qui nous rend plus libres.»

Des pensées qui se rencontrent.

Des corps aussi, dans le métro, juste après être sortie du cinéma, un homme dormait, le corps à moitié plié. Une main prise dans la poignée l’aidait à ne pas totalement  s’avachir. Ne s’est réveillé qu’en arrivant au terminus. C’était un asiatique, aurait pu être un dormeur du film. 

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cortexMisia
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