sommes-nous...
A la limite d'une pratique? Imaginer sur le mur l'écran plat tout noir, on ne sait pas s'il est allumé ou non. On attend une image, des images, on regarde sans trop faire attention. Soudain en bas à droite apparaît une signalétique de durée. PUis un texte. On comprend que pendant 9 m, il y a eu quelque chose sur l'écran mais que l'on n'a rien vu, précisément parce que c'était le noir. Le noir filmé, le noir projeté, de l'invisible matière. Donner à Blanche ou l'oubli un reflet possible, une zone obscure, un trou noir, en opposition, faire miroir. "A Sao Paulo, par une journée ensoleillée, l'atelier de l'artiste était en pleine lumière. Il décida d'éteindre les lumières, obstrua les fenêtres de manière à se soustraire à toute luminosité. Son atelier était devenu un volume noir, une boîte noire capturée dans la ville moderne et blanche. L'impossibilité de la vision et de la création devenait un acte sculptural et politique. Ensuite, il alluma une caméra et filma l'obscurité pendant neuf minutes. Mais filmer l'obscurité est une tentative vaine : c'est enregistrer d'invisibles réalités." Exposition Blanche ou l'oubli, commissariat Léa Bismuth, Galerie Alberta Pane, jusqu'au 31/10/2014.www.galeriealbertapane.com
