Canalblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
cortexMisia
Publicité
6 mars 2014

Exposition Bill Viola

IMG_3899

IMG_3890

IMG_3914

Il y aurait beaucoup de choses à dire sur l'exposition Bill Viola. Tout d'abord que c'est une exposition que ne tend pas à la rétrospective puisque ne sont présentées qu'une quinzaine d'oeuvres seulement et qu'on n'y voit pas du tout ses premières bandes des années 70, avant qu'il ne développe des dispositifs plus complexes et sophistiqués. Hormis un texte au début, seules des phrases ponctuent le parcours. La première  "Si tu t'engages dans le voyage, tu y arriveras" d'Ibn Arabi (1165-1240) donne d'emblée une teneur méditative, introspective, mystique, investie.  The reflectiong pool (1979) ouvre la rétrospective, belle et intrigante entrée en matière, qui laisse  perplexes un certain nombre de visiteurs, pas sûrs d'avoir bien vu ce qui avait disparu puis réapparu. Ensuite, la pièce emblématique des deux moniteurs en face à face à la verticale, le visage d'une vieille femme (endormie, mourante) mis en regard d'un visage de bébé n'est pas toujours perçue comme telle par le visiteur. Mystère, énigme; image qui se dérobe, événement enfin révélé, croyance intacte... je voudrais pouvoir retrouver la sensation de la première fois... je me demande si ce n'est pas trop de Bill Viola en une seule fois. Et puis, et puis... Restée plus d'une heure dans la salle du Déluge, aux 5 écrans, que j'avais pourtant déjà vu, je crois à la Tate Modern mais que je n'avais pas dû voir en entier. Je me souvenais sur un écran de la force de l'eau sortant de la maison, torrent improbable ; sur un autre,  des gens qui marchaient dans une forêt, défilement infini de"spectres". Mais je n'avais pas vu le corps sortir des profondeurs du trou d'eau, l'âme s'élever vers le ciel, image saisissante, surgit, passe et disparaît. Trajectoire ascendante que rien ne pourra arrêter. Pas de souvenir non plus de l'homme au chapeau (qui ressemble à B.Viola) assis seul devant la mer, adossé à une maison où une vieille femme est en train de mourir. Le temps me prend. De même voir en si grand écran la montée de Tristan par la pluie tombant à l'envers, la transformation du feu en eau dans Fire Woman, de la lumière orangée saturée des flammes à la surface bleutée et sombre de l'eau, du crépitement gigantesque du brasier au calme silencieux de la vague aquatique. Sublime. Puissance de l'image. Grand silence dans le public. J'aime les mondes de l'ombre de Bill Viola, ces univers griseux où l'être humain est sorti de la vie visible et continue son chemin dans l'invisible. Un monde qui n'est pas le nôtre, et que Bill Viola nous permet d'entrevoir. J'aime les mains qui se tendent, se touchent, se parlent. Les éléments fondateurs. Les corps à tout âge. Les ralentis dilatés. Pourtant quelque chose me manque. The Greeting peut-être (ma préférée, mon épiphanie, ma "visitation") ? Ou une approche des oeuvres moins "sacralisée", mois "elliptique", plus directe, qui montrerait le travail, la réflexion, la pratique. Bill Viola me paraît être érigé en monument 'lisse" et ce n'est pas ainsi que je le perçois.  Au Grand Palais, Jusqu'au  21/07/2014. A voir absolument

Publicité
Commentaires
cortexMisia
Publicité
Publicité
Publicité