blanc de peinture 3
En voyant l'affiche, je m'étais demandé ce que "signifiait" la trace blanche de peinture sur le dos de l'homme. Autour de lui, les décombres d'une maison détruite. Une vidéo m'a donné la réponse. Une femme, tout en noir, au moyen d'un gros pinceau, peint inlassablement, oeuvre sans fin, les ruines de la maison en blanc. Sans vraiment s'appliquer, juste pour recouvrir, unifier, rendre à la paix (l'apaisement) de la couleur. Un homme arrive dans ce décor, il se place de dos devant la femme, et elle, dans un geste mécanique, lui trace une longue tache de peinture blanche sur son vêtement. Catharsis, blessure rendue visible, blanc qui doit rester le seul horizon, la seule couleur possible. Lida Abdul est une artiste afghane, née à Kaboul. Elle vit maintenant à Los Angeles, mais on peut imaginer que la destruction, le désastre, la douleur font partie de son histoire personnelle, de son paysage intime. Blanchot (!) parle très bien de cette théorie du désastre... "c'est à partir de l'analyse du désastre que nos leçons de vie sont apprises". Toutes les autres vidéos ont la même force. Lida Abdul à la Fondation Calouste Gulbenkian jusqu'au 29/03/2014
