jeu sur la perception
Mises côte à côte, les deux photos ne semblent pas représenter le même objet et pourtant c'est la même toile, la même surface, les mêmes couleurs. Sauf que comme pour une oeuvre cinétique, en fonction de la place du regardeur (mais pas seulement) l'eouvre se révèle différente, transformée, métamorphosée. Expérience du double dans l'unique. Déploiement de la surface plane sur plusieurs axes. En deux dimensions, devant, profondeur, et dans l'espace. Des lignes, dans un sens puis dans un autre, des couleurs changeantes, de la structure et de la diffusion. Sur l'une, une force sombre, un éclat d'éventail et l'obscurité qui accompagne la mantille, car bizarrement cette abstraction appelle (en moi) une figuration, je ne peux pas me contenter de l'aplat de peinture, de la forme et de sa vibration. De l'autre, un reflet de lumière, une élévation à l'horizon. Oeuvre d'une grande matérialité sensible, vibrante, - quels moteurs et moyens de M Chanson seraient attribués à ces oeuvres? Je me demande : Comment construit-on la variation de la couleur, comment sait-on qu'elle va aboutir à l'effet recherché, comment la peinture opère-t-elle? Intuition, savoir, théorie chromatique, approche formaliste? Comment l'approche sensible peut-elle à ce point cohabiter avec l'approche formelle, à quel moment la sensation bascule? JOnction, disjonction, la toile est découpée en deux, une ligne de crête, très ascendante ou dangereusement descendante. Une ligne de fuite, peut-être tout simplement, avec le point instable, insaisissable. Par conséquent fascinant, captivant; "Lyre" d'Adrien Couvrat, inExpsosition Beyond, Galerie Maubert jusqu'au 22 mars. www.galeriemaubert.com

