rond comme l'univers
Partir d'un cercle dessiné, un bon début pour raconter l'histoire de la création de l'univers. Dans Grosse fatigue*, Camille Henrot réalise un montage (emboîtement, empilement, apparition, disparition, pop up, glissement) d'images qui vont défiler, s'ajouter, se superposer, se couvrir les unes les autres sur l'écran, sans que jamais le sens de sa narration ne soit tout à fait explicite, ni ne fige une seule interprétation. Et pourtant ça fonctionne. On sent que des ramifications souterraines, invisibles, aussi complexes que la création de l'univers sont à l'oeuvre, tissent une pensée, une trame. Sans doute le spoken word (chanson parlée) qui accompagne le film met-il le spectateur dans un tempo - un mouvement d'écoute et d'attention -, le rend-il plus disponible à recevoir ce que l'artiste nomme "le dépliement intuitif du savoir", lui laissant le choix de sa subjectivité dans la réception des images. Le revoir deux fois, redoubler le cercle, de n'en avoir jamais fini avec l'univers. A la galerie Kamel Mennour jusqu'au 8/03/14
* titre d'un film aussi, si on se souvient bien, avec Michel Blanc. Dans le souvenir, aucun rapport ou alors pour l'ampleur de la tâche, à chacun respective.
