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cortexMisia
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27 mars 2013

Ne sois pas sage, oh ma douleur

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C’est toujours beau, émouvant, frémissant de découvrir le travail d’une artiste qu’on ne connaissait  pas. De sentir qu’on est en affinité immédiatement, que quelque chose nous touche, de soi mais aussi de l’art. C’est ce qui s’est passé aujourd’hui dans l’exposition « Alina Szapocznikow, du dessin à la sculpture » au Centre Pompidou.

D’emblée avec les photos, en noir et blanc  - où on la voit poser,  dans son atelier, lors d’une exposition, en famille,  à Varsovie en ruine... - expressive, vivante, le corps proche de ses sculptures, j‘ai en face de moi une femme, une artiste, d’une autre époque mais qui me paraît incroyablement présente encore. Puis, comme le sens de l’expo n’est pas indiqué, je rentre par la fin, et découvre ses derniers dessins, la lettre à son amie quand elle est à l’hôpital, les illustrations qui l’accompagnent.  Tant d’élégance, de distance moqueuse pour cacher la souffrance. Tout autour, les dessins se déploient, au crayon en formes organiques, abstraites, à l’encre en matières composites, déformées, denses. Tension, détension…   Une série de fleurs me rappelle l’exposition Matisse /Kelly présentée ici même il y a quelques années. Même grâce, même finesse, même fragilité.  A sa mort en 1973,  une exposition hommage lui a été rendue par Suzanne Page et Pierre Restany. Elle s’intitulait « Tumeurs- herbiers ». Les fleurs sont fêlures, les excroissances des plongées en anatomie poétique.

Alina Szapocznikow Du dessin à la sculpture Centre Pompidou, jusqu’au 20 mai.

www.centrepompidou.fr 

"Alina Szapocznikow avec Oiseau, atelier rue Krolewska, Varsovie" photo Thadaeus Rolke  /c/ Piotr Stanislawski

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