matière invertie
(Une fois qu'on a vu le spectacle, on comprend mieux la photo du programme.)
le mot "'invertie" n'est pas la traduction d'Ingvartsen, d'ailleurs ce n'est pas un mot mais le nom de la metteuse en scène, chef d'équipe du spectacle The artificial nature project. Cependant, si l'on rapproche son prénom "Mette" du mot "matière" et que m'on y adjoint "invertie" pour "Ingvartesen", on a cette idée d'une nature artificielle, créée, recréée dans des conditions particulières, donnant à sentir les éléments de la nature, l'air, l'eau, le feu, la terre, l'éther, jouant sur les échelles de perception - un début merveilleux, tout en douceur, particules volantes devenant de plus en plus en plus denses, danse de l'air, danse dans l'air, cosmos s'agitant comme cela se pourrait sous une plaquette de microscope. Evoquant aussi une merveilleuse neige atomique, radiante, substance ouatée tombante, silencieuse, avant le chaos, la catastrophe, l'emportement, l'apaisement, l'extinction... Matière invertie, matière transformée, matière en mouvement, pendant plus d'une heure, les acteurs sont les exécutants de cette incroyable tour de passe passe qui fait entendre de l'eau là où il n'y en a pas, voir un feu qui n'existe pas, se fait lever une tornade, transforme le plateau en un gigantesque magma de roche noircie et de lave. Alors que tout se fait sur scène et à main nue, the artificial nature projet n'est jamais démonstratif. A peine esquisse-t-il une forme esthétique lorsque une large feuille (courverture de survie? ) plaquée au mur par un souffleur électrique capte toute la lumière rougeoyante sur la surface brillante. Ca vibre, ça tremble, ça tire sur le mur... et retombe comme un drapé baroque et somptueux de Simon Vouet.
Mette Ingvartsen, The Artificial Nature Project, Centre Pompidou jusqu'au 1er dec

